Desert

1st Scientific Meeting on Dust, Challenges and Solutions

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1st Scientific Meeting on Dust, Challenges and Solutions, took place on 17 June, 2018 at the Campus of Agriculture and Natural Resources of the University of Tehran in Karaj.

Ambassador of Algeria, Director of Regional Office of FAO, Research Deputy of the University of Tehran and number of professors and experts shared also their ideas and pronounced speeches on the field.

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H.E. Mr. Abdelmoun’aam Ahriz outlined developments and experiences of Algeria in combatting dust storms, especially through the Algerian mega project of constructing “Green Dam”.

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During this conference, H.E. Mr. Ahriz delivered a speech to share Algeria's experiences in the field of desertification, dust and sand storms. Talking about the basic climate characteristics of Algeria, he presented the actions and achievements accomplished so far in Algeria to combat this phenomenon and its negative effects.

Ambassador's speech at the First Meeting on Dust Storms, Challenges and Solutions in Karaj, Iran

Tempêtes de sable et de poussière, défis et solutions

Karaj (Téhéran) 17 juin 2018

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Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les experts,

Mesdames et Messieurs.

 

Je voudrais, en premier lieu, exprimer mes remerciements pour les organisateurs de cette conférence qui m’ont permis de participer avec vous à cette importante rencontre scientifique consacrée à un phénomène climatique de plus en plus alarmant et dévastateur et qui, malheureusement, ne cesse de s’aggraver et qui menace de plus en plus de régions dans le monde.

Il est probable que la plupart d’entre vous ont participé ou, du moins, ont eu connaissance des conclusions et des recommandations de  « la Conférence Internationale sur la lutte contre le sable et les tempêtes de poussière : Défis et solutions pratiques », qui s’est tenue du 03 au 05 juillet 2017 au Centre des Conférence de Velenjak de Téhéran. Cette conférence a relevé l’impact direct et toujours plus destructeur sur l’environnement et l’économie des pays touchés par le sable et les tempêtes de poussière. 

Les experts réunis à Téhéran ont mis l’accent sur la nécessité de prendre des mesures appropriées en vue de promouvoir la coopération à l’échelle régionale et internationale, afin de parvenir à mettre en place les mécanismes et les outils opérationnels capables de prévoir et de combattre ce péril qui menace la santé humaine et divers secteurs socio-économiques notamment en Asie centrale, dans la péninsule arabique, en Afrique du Nord et en Chine.    

Les experts et les scientifiques, ici présents, vont poursuivre la réflexion et les discussions techniques sur ce phénomène. Pour ma part, je souhaiterais partager avec vous quelques idées et informations sur le cas de mon pays, l’Algérie, confrontée à la problématique de tempêtes de poussière et de dégradation des terres, c'est-à-dire la désertification.

A l’instar des régions arides du Monde, le Sud de l’Algérie connaît des problèmes d’ensablement. Au Sud, le Sahara couvre plus de 87 % de la superficie de l’Algérie soit environ 2 millions de kmou 200 millions de hectares. Dans cette partie du pays, les vents déplacent chaque année entre 60 et 200 millions de tonnes de poussière dans l'air et soulèvent de 10 à 20 millions de tonnes de sable.

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La désertification, en Algérie, concerne essentiellement les steppes des régions arides et semi-arides des Hauts Plateaux qui, représentent près de 84% du territoire national. Ces vastes espaces naturels estimés à 32 millions d'hectares, abritant plus de 4 millions d’habitants, ont toujours été des endroits privilégiés de l’élevage ovin extensif, représentant près de 18 millions de têtes.

Au jour d’aujourd’hui, par moins de 20 millions d’hectares dans les zones steppiques sont classées vulnérables à la désertification, contre 7 millions directement menacés et 600.000 déjà désertifiés. La région Nord du pays n’est pas épargnée, puisqu’elle fait face à l’érosion hydrique fatale pour la nature des sols. 12 millions d’hectares en zones montagneuses sont soumis à ce phénomène de l’érosion hydrique qui touche aussi 47% des régions Ouest du pays.    

Depuis plus de quarante ans, l’Algérie a pris conscience quant à l'impératif de parer au phénomène de la désertification en prenant une série d’actions dans le cadre d’une approche globale, impliquant plusieurs secteurs.

Ainsi, dans sa stratégie de lutte contre la désertification, l’Algérie a engagé, au début des années 1970, une démarche unique et audacieuse pour réaliser le méga projet du « Barrage vert ».

Ce projet relie les frontières Est à Ouest de l’Algérie sur distance de 1500 km avec une largeur moyenne de 20 km. Une superficie de plus de 3 millions d'hectares de reboisement a été réalisée dont le rendement varie par endroit de 50 à 100%. Cette ceinture verte vise, entre autres, la réhabilitation et la conservation des sols, la préservation des nappes aquifères, l'exploitation rationnelle des eaux et la lutte contre l'avancée du désert.

D’autres mesures préventives sont menées pour lutter contre l’avancée du désert et ce dans le cadre d’une Stratégie nationale dont les principaux axes reposent sur :

  • L’implication des populations concernées à tous les niveaux et la vulgarisation à grande échelle des dangers de la désertification. Le reboisement, la lutte contre la déforestation, et la  préservation de la diversité biologique sont autant des mesures auxquelles le simple citoyen est appelé à y contribuer.  
  • Le développement socio-économique et culturel des hauts plateaux pour pouvoir stabiliser la population locale par des investissements publics,
  • Le renforcement des capacités climatologiques, météorologiques et hydrologiques nationales, en encourageant le suivi continu de la désertification à l’aide du système d’alertes précoces de la sécheresse,
  • Le développement du secteur agro-pastoral par l’opération de mise en valeur des terres par les investissements du secteur privé,
  • La réalisation des forages en faveur de la population locale pour développer l’agriculture vivrière, en favorisant l’arboriculture pour lutter contre l’érosion hydrique,
  • La conduite des campagnes de sensibilisation pour l’exploitation rationnelle des ressources hydriques souterraines.

En matière de renforcement des capacités, une nouvelle Carte nationale de sensibilisation à la désertification par télédétection.  En cours d’élaboration par l’Agence Spatiale Algérienne (ASAL), cette Carte est conçue à partir d’images prises par satellite, couvrant 12 Wilayas de la zone steppique du pays la plus menacée par l’avancée du désert.

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Ce programme a permis à l’Algérie de réaliser 65% de ses objectifs en permettant le reboisement d’une superficie de 1,3 million d’hectares.

S’agissant des projets de proximité de lutte contre la désertification, l’Algérie a mis en œuvre 12000 projets dans le cadre du plan quinquennal 2010-2014 visant la consolidation et l’accroissement du Barrage Vert, la rationalisation de l’utilisation des espaces de pâturages, la sensibilisation des autorités locales et des citoyens pour un engagement durable contre la désertification. 

Je voudrais souligner que ce Plan d’Action National s’aligne et répond à la stratégie décennale de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD). En effet, l’UNCCD a arrêté une stratégie décennale (2008-2018) basée sur le renforcement de l’intégration en matière de lutte contre la désertification.

L’Algérie est considérée comme un leader régional et continental en matière de lutte contre la désertification. Elle a abrité, en septembre 2011, la réunion régionale des Points focaux de la Convention sur la lutte contre la désertification. L’Algérie a soumis, en août 2016, le 6ème rapport national sur la mise en œuvre de la convention des Nations Unies sur la Lutte contre la désertification, qui montre les grandes lignes de la Stratégie nationale en la matière, ainsi que les efforts et les réalisations consentis dans ce domaine.    

Par ailleurs, l’Algérie, en ratifiant officiellement le 13 octobre 2016, l’Accord de Paris sur le climat adopté en 2015 à la 21ème Conférence des Parties à la Convention –Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (COP 21) confirme son engagement de longue date dans la lutte contre le changement climatique et, par conséquent, la lutte contre la désertification. Dans ce cadre, l’Algérie ambitionne : 

  • de développer un plan national d’adaptation aux changements climatiques dans le cadre de la finalisation de sa contribution, et ce, en vue de la promotion d’une société et d’une économie plus résilientes aux effets des changements climatiques,
  • de finaliser la mise à jour d’un Plan Climat National pour l’Algérie,
  • de renforcer les capacités des partenaires et des groupes ciblés aux niveaux national et local à intégrer les risques climatiques dans les plans de développement locaux. Plus de 400 cadres, responsables locaux et ceux de société civile ont été formés depuis l’année 2015 sur les outils et mécanismes d’atténuation des gaz à effet de serre, négociation internationale, financement climatique et développement de projets bancables, l’intégration de l’adaptation au changement climatique dans la planification du développement et communication et sensibilisation de la société civile sur les changements climatiques,
  • d’élaborer une carte nationale de vulnérabilité et des risques vis-à-vis des changements climatiques.    

En conclusion, je voudrais partager l’avis des experts qui appellent à la mobilisation de la communauté internationale et à la multiplication des efforts aux niveaux régional et international en vue de parvenir à des mécanismes opérationnels adéquats en vue de limiter et d’atténuer les effets négatifs des tempêtes, qui sont notamment la détérioration de la santé humaine, l’aggravation de la désertification, la dégradation des terres, la déforestation et l’appauvrissement de la biodiversité.

Merci de votre attention.